ARTICLES DE GEORGES CHATAIN Limoges

Le populaire du centre

Mamady SEYDI

Le festival des théâtres francophones propose un spectacle immobile : l'univers sculpté d'un artiste inspiré par les contes wolof et par les tragédies séculaires du continent africain

De l'esclavage et la colonisation, qui ont détruit des empires séculaires, aux guerres tribales qui ensanglantent aujourd'hui le continent, c'est l'interminable malédiction de l'Afrique qu'hante le travail de Mamady Seydi. Ce jeune artiste sénégalais, venu en résidence à l'ENAD (Ecole Nationale d'Art et de Design), expose aujourd'hui le travail qu'il y a effectué. Des histoires en sculptures, à multiples personnages, construites sur la thématique des proverbes traditionnels wolofs (collectés par son père à travers le pays) et qui décrivent les situations bien actuelles. On est tenté, puisqu'il est Africain, de comparer ses ensembles à la parole des griots pour lesquels une histoire en enchaine une autre. Mais on pourrait aussi évoquer ces retables baroques, qui racontaient sur plusieurs registres avec une foule de personnages la passion du Christ ou la vie d'un saint.
Mamady Seydi emploi plusieurs techniques, et mêle les matériaux, «des matériaux courants, très pauvres », insiste-il : modelage, assemblage de bois de métal, et de liens. L'unité de l'ensemble est réalisé en enserrant ces ensembles dans une toiles recouverte ensuite d'une résine uniformément brune, parfois blanche lorsqu'il met en scène des trafiquants d'esclaves et des fonctionnaires coloniaux.

Georges Chatain
Limoges
Jean-Gagnant,
Rue Jean-Gagnant
Jusqu'au 26 octobre